Le monde du travail a profondément changé ces dernières années. Télétravail, réunions hybrides, flex office, individualisation des priorités, accélération numérique…
Ces transformations ont modifié en profondeur les relations professionnelles et placé les managers face à une équation complexe : comment continuer à piloter la performance tout en prenant soin des personnes ?
Dans ce contexte, le management bienveillant ne relève ni de la naïveté ni du renoncement à l’exigence. Il repose sur une capacité clé : concilier supervision, confiance et empathie, de façon équilibrée et adaptée aux situations.
Un contexte professionnel plus fragmenté et plus sensible
Les phases de confinement ont laissé des traces durables :
- Moins de relations physiques
- Plus de distanciel et de réunions hybrides
- Des perceptions très différentes du télétravail
- Une montée de l’individualisme
- Des priorités personnelles plus affirmées (« moi d’abord »)
- Une impatience accrue liée au numérique
Ces évolutions créent de nouvelles sources de tensions et de désynchronisation au sein des équipes. Le rôle du manager devient alors plus exigeant, plus exposé… et parfois plus solitaire.
Le management : un rôle complexe, souvent sous-estimé
Manager ne se résume pas à une expertise technique.
C’est un rôle multiple qui implique :
- Des fonctions interpersonnelles (leader, modèle, lien)
- Un rôle central dans la circulation de l’information
- Des responsabilités de prise de décision et de régulation
Le travail du manager se caractérise par la variété, la discontinuité, la brièveté et souvent une surcharge quantitative et qualitative.
Depuis plus de dix ans, le CREDIR observe que le manque de temps et de formation à ces dimensions humaines est une source fréquente de souffrance managériale… et de dysfonctionnements collectifs.
Supervision, confiance, empathie : trois piliers à distinguer
🔹 La supervision
Superviser consiste à contrôler un travail sans entrer dans les détails.
Elle repose sur des critères rationnels et objectifs.
Bien utilisée, elle permet de prendre de la hauteur.
Mal utilisée, elle peut être vécue comme une domination ou un contrôle excessif.
👉 Une relation basée uniquement sur la supervision devient rapidement froide et distante.
🔹 La confiance
La confiance signifie accepter une part de vulnérabilité envers l’autre.
Elle est souvent accordée a priori, parfois sur le ressenti plus que sur l’analyse.
La confiance est précieuse, mais fragile : lorsqu’elle est rompue, elle est difficile à reconstruire.
🔹 L’empathie
L’empathie consiste à reconnaître et comprendre les émotions de l’autre, sans confusion ni complaisance.
Elle implique un investissement plus profond du manager dans la relation.
Contrairement à la sympathie, l’empathie ne repose pas sur l’affinité, mais sur la capacité à se placer au niveau émotionnel de l’autre.

Pourquoi l’équilibre est essentiel
- La supervision seule sécurise mais démotive
- La confiance seule peut devenir risquée
- L’empathie seule peut épuiser le manager
Le management bienveillant repose sur un ajustement permanent entre ces trois dimensions, en fonction :
- des personnes
- des situations
- du niveau de fatigue
- du contexte organisationnel
Le rôle central du cerveau dans la relation managériale
Tout commence dans le cerveau.
Nos réactions sont influencées par :
- Notre histoire personnelle
- Nos expériences passées
- Notre état de fatigue
- Notre charge mentale
- La circulation des neurotransmetteurs liés au bien-être
Deux cerveaux interagissent en permanence dans la relation manager-managé.
En situation de défiance, une énergie considérable est gaspillée dans le contrôle, la méfiance ou l’évitement.
À l’inverse, une relation ajustée permet de combiner deux puissances de calcul, au service de l’efficacité et du climat de travail.
Comprendre les différences de fonctionnement
Les travaux sur les profils comportementaux montrent que chacun fonctionne différemment :
- Certains sont plus orientés action
- D’autres davantage relation
- Certains privilégient la logique
- D’autres la stabilité
Comprendre ces différences permet :
- D’adapter sa communication
- De prévenir les malentendus
- De réduire les tensions inutiles
- D’optimiser la coopération
Vers une supervision empathique et agile
Le CREDIR préconise une approche de supervision empathique et agile, fondée sur quelques principes clés :
- Comprendre sa propre programmation de cerveau
- Identifier celle de l’autre
- Adapter la relation managériale au contexte et à l’énergie disponible
- Verbaliser clairement les bases de la relation (fond et forme)
- Faire appel à un tiers en cas de tension persistante
- Rester agile dans un monde professionnel en constante évolution
- Pour les entreprises ayant des enjeux de management, pensez aux missions Joker Talk du CREDIR, afin d’identifier les problématiques et de construire un plan d’action.
- Pour les managers en difficulté, et si vous participiez à un stage Rebond ?
En conclusion
Le management bienveillant n’est pas un style figé.
C’est une posture dynamique, qui vise à concilier exigence, humanité et lucidité.
Dans un monde du travail en mutation, cette capacité à ajuster supervision, confiance et empathie devient un levier majeur de prévention de l’épuisement, de qualité des relations et de performance durable.