Nous vivons une période de fortes tensions, d’incertitudes prolongées et de changements répétés. Dans ce contexte, beaucoup ressentent une fatigue persistante, une baisse d’énergie ou un moral en dents de scie.
Parmi les leviers fondamentaux de la qualité de vie globale, le sommeil occupe une place centrale, souvent sous-estimée.
Au CREDIR, le sommeil est identifié comme l’un des trois remparts de protection essentiels de l’individu, aux côtés de l’activité physique et du suivi de la santé. Bien dormir n’est ni un luxe ni un bonus : c’est une condition vitale d’équilibre physique, mental et émotionnel.
Le sommeil : un régulateur clé du corps et du cerveau
Le sommeil joue un rôle réparateur et régulateur pour l’ensemble de l’organisme, en particulier pour le cerveau et les fonctions hormonales.
Dormir suffisamment et correctement permet notamment :
- Une meilleure mémoire et une meilleure concentration
- Une meilleure immunité, contribuant à la prévention des maladies
- Une meilleure digestion du stress
- Un équilibre psychique plus stable
La quantité et la qualité du sommeil conditionnent largement notre forme physique et notre équilibre mental. Un sommeil dégradé fragilise progressivement l’ensemble du système.
Comprendre le fonctionnement du sommeil
Le sommeil est structuré en cycles, comparables à des trains successifs.
Un cycle dure en moyenne 90 minutes et se répète plusieurs fois au cours de la nuit.
👉 Le moment où l’on s’endort est crucial : c’est lui qui conditionne la qualité du cycle à venir.
Forcer l’endormissement ou ignorer les signaux de fatigue perturbe l’horloge biologique.
Dormons-nous assez ?
Les constats sont clairs :
- Les adultes dorment en moyenne 6 h 42 par nuit en semaine
- Plus d’un tiers des Français dorment moins de 6 heures par nuit
- Or, le besoin physiologique de plus de 99 % des humains est d’environ 8 heures de sommeil
Ce déficit chronique n’est pas sans conséquences.

Les conséquences d’un manque de sommeil
Un sommeil insuffisant ou de mauvaise qualité augmente significativement les risques suivants :
- Troubles de la mémoire et de la concentration
- Risque accru de dépression
- Risque d’épuisement physique et mental
- Troubles digestifs et métaboliques
- Surpoids et diabète
- Troubles cardiovasculaires et tension artérielle
À long terme, le cerveau ne fonctionne plus à 100 %, et l’organisme devient plus vulnérable.
Anxiété, stress et changements : des ennemis du sommeil
L’anxiété et les périodes de changement sont particulièrement délétères pour le sommeil.
Ruminer ses soucis au moment du coucher, anticiper le lendemain ou ressasser des tensions empêche l’entrée naturelle dans le sommeil.
Un principe simple mais essentiel :
Ne laissez pas vos ennuis rentrer sous votre couette.
Clés concrètes pour mieux dormir
1️⃣ Agir sur la dimension psychologique
- Éviter les écrans au moins 30 minutes avant le coucher
- Apaiser l’esprit avant de dormir
- Respecter ses signaux de fatigue
2️⃣ Adapter son alimentation
- Bannir le soir les excitants : café, thé, sodas, alcool, sucre
- Manger léger
- Éviter de sauter le dîner
- Un yaourt peut aider : il contient un précurseur de la sérotonine, hormone impliquée dans le sommeil
3️⃣ Soigner son hygiène de vie
- Arrêter de fumer (lien établi avec les troubles du sommeil)
- Pratiquer une activité physique en journée
- Faire de la chambre un lieu dédié au sommeil
- Silence et obscurité
- Température idéale : 18–19°C
- Aérer le matin
- Matelas adapté et en bon état
4️⃣ Respecter son horloge biologique
- Garder des horaires réguliers
- Se méfier des changements récents
- Aller se coucher quand le besoin se fait sentir, pas plus tôt, pas plus tard
Le sommeil aime la routine.
Que faire quand on n’arrive pas à dormir ?
- En début de nuit : Identifier le prochain cycle possible, occuper l’esprit sans le surstimuler, rester dans la chambre.
- En milieu de nuit : Se lever dans la pénombre si nécessaire, boire un peu, utiliser éventuellement une phytothérapie douce. Trouver une activité mentale monotone (méditation, comptage, écoute neutre).
- En fin de nuit : Si la nuit semble terminée, se lever, s’oxygéner, bouger, sans chercher à “forcer” le sommeil.
👉 En cas de troubles persistants, il est essentiel d’en parler à son médecin généraliste, premier interlocuteur de confiance.
Le sommeil : un rempart à consolider
Face aux virus, aux tempêtes de la vie et aux périodes de surmenage, le CREDIR utilise une métaphore forte : le rempart de protection.
Le sommeil est l’un des trois remparts que chacun peut renforcer par lui-même.
Il y aura toujours quelque chose à améliorer, et chaque progrès compte.
Prendre soin de son sommeil, c’est investir directement dans sa santé mentale, son énergie et sa capacité à traverser les périodes difficiles.

En résumé
Bien dormir n’est pas une option.
C’est un levier de prévention majeur, accessible, concret et puissant pour préserver son équilibre et éviter l’épuisement.